Etre comprise et soignée plutôt que vengée
Selon l'enquête « Cadre de vie et sécurité » menée en France début 2007, les Françaises sont autant exposées à la violence dans leur ménage qu'en dehors.
3,3% des femmes âgées de 18 à 59 ans ont déclaré avoir subi en 2005 ou en 2006 au moins une agression physique ou sexuelle de la part d'une personne vivant avec elles ; elles sont 3,4% à en avoir subi en dehors du ménage. Ces statistiques de l'INSEE montrent également que les violences graves ne se racontent pas facilement, mais si elles existent bel et bien.
Les violences sexuelles sont moins fréquentes au sein du ménage qu'à l'extérieur, mais c'est l'inverse qui se passe pour les violences physiques. Parmi les femmes qui reçoivent des coups chez elles, 12% sont aussi abusées sexuellement alors que 50% des femmes qui ont été violées par un homme qui partage leur logement sont également agressées physiquement. De plus, deux femmes sur cinq, victimes de violence sexuelle au sein de leur ménage, ont été également agressées sexuellement en dehors.
Un cinquième des victimes de violences physiques et le tiers des victimes de violences sexuelles n'ont pas porté plainte, ni parlé à qui que ce soit (ami, médecin ou association). Et, quand la victime se confie, c'est rarement à la police ; celle-ci ne reçoit que 12 % des victimes pour les violences physiques, 8 % pour les violences sexuelles soit, globalement, à peine une sur dix. Quand les femmes confient l'agression qu'elles ont subie, c'est plus souvent à un proche ou un ami (47 % pour une agression hors ménage, 42 % dans le ménage) ou à un professionnel (19 % dans les deux cas) qu'à la police. Tout se passe comme si elles cherchaient davantage à être comprises et soignées que vengées, ou comme si elles n'avaient pas confiance dans les chances de voir leur agresseur puni.
Pour en savoir davantage : Lorraine Tournyol du Clos et Thomas Le Jeannic. Les violences faites aux femmes. In : Insee Première, n.1180, février 2008.
08.04.2008, SHV/FSSF, Josianne Bodart